Depuis 30 ans j’emprunte ces rues. Etudiant, salarié, puis artiste, célibataire, en couple et enfin père, j’habite cette ville. Banlieue résidentielle aisée, perchée sur les collines du bord de Seine, Saint-Cloud est connue pour son parc, son passé impérial, son festival rock, ses quelques habitants VIP et son hippodrome.
Longtemps je n’y ai vu que mon lieu de vie. En tant qu’artiste, mon principal sujet est la transformation des paysages urbains. Les banlieues parisiennes sont mes terrains de prédilection.
Cet état des lieux sensible interroge le lien entre la recherche artistique personnelle et le rapport intime que chacun entretient avec son lieu de vie, avec sa commune et avec son quartier.
Une démarche artistique sincère de compréhension des territoires passe par la capacité à ressentir ce qui est au plus proche de soi.
En arpentant Saint-Cloud, j’ai cherché quel lien j’avais avec ce lieu. Tous les quartiers ne se trouvent pas sur les pentes en bord de Seine, c’est pourtant cette géographique particulière que j’ai été attiré qui m’a attirée. Entre le viaduc de l’A13, la gare des Coteaux et le plateau de Montretout, j’ai cherché ce que ma ville faisait résonner en moi.
J’aime la vue sur la Seine et Paris, dégagement lointain qui donne de l’espace au regard ; le paysage pittoresque des maisons anciennes donnant à la ville un air de villégiature normande en opposition frontale avec les immeubles modernes et le viaduc de l’autoroute A13 ; ces nombreux escaliers qui tracent tout droit dans la pente, entre jardins et propriétés bourgeoises ; ce calme feutré des quartiers résidentiels de l’ouest parisien.
En marchant dans les pas des photographes documentaires du début du 20e siècle, des artisans des cartes postales désuètes qui donnent à voir le passé, j’ai souhaité fixer cette image de ma ville aujourd’hui.
Printemps 2026.
Série de photographies couleurs et noir et blanc. Carte postale titre : réhausse à l’aquarelle sur tirage noir et blanc, tampon.
Exposition sur les panneaux d’affichage libres de la ville de Saint-Cloud, septembre 2026.




















Alexis PAOLI